saison 1 épisode 3

 

 

Avant le pire

 

Deux semaines se sont écoulées et Dieu sait ce que peut réserver la vie en si peu de temps. On se lève chaque matin en ayant une petite idée de la journée que l'on va passer, avec des craintes et des envies, mais on se couche chaque soir différemment, avec des réponses, mais d'autres questions. La vie est imprévisible et il ne suffit que d'une seconde pour qu'elle bascule, parfois pour toujours, pour le meilleur, comme pour le pire.

En si peu de temps, Charles avait perdu sa place de leader au sein du lycée, tout le monde était pourtant de son côté, tout le monde était à ses pieds et, du jour au lendemain, le voilà lâché de tous, seul face au mal qu'il a fait. Ce qu'il ne l'empêchait pas de continuer ses actions immatures les jours suivants, seul un choc pouvant changer le caractère d'une personne, mais cette fois  jusqu'à en éloigner Hélène, pourtant toujours proche de lui.

Tout le monde n'a pas le droit au bonheur et la roue tourne. En rentrant de soirée, après avoir été voir un film d'horreur vraiment terrifiant en plein cœur du centre ville et après avoir goutés aux délices d'une glace vanille, chocolat, caramel, c'est en ramenant Alexia chez elle, quelque peu avant sa rue, que Guillaume sentit que le moment était venu, il comprit le message lorsqu'elle mit une rose, piquée légèrement auparavant lors de la traversée d'un parc dans ses cheveux; des cheveux que Guillaume n'avait qu'envie de sentir, tout le temps. Elle se retourna après avoir marché un peu plus vite que lui, sourire en coin et sensuel ainsi que le regard fixe. C'est lorsqu'elle s'arrêta que Guillaume passa sa main dans sa chevelure après s'être avancé et, tout en douceur; lui avalait sa salive et elle, le regardait droit dans les yeux. Le temps semblait s'être arrêté, jusqu'à ce qu'une vieille dame passa avec son chien et leur demanda d'être un peu plus discret, et c'est en rigolant qu'Alexia lui demanda, d'un coup, de simplement, l'embrasser; chose qu'il fit sur le champ, sans aucune hésitation. Depuis ce soir-là, Guillaume, qui ne cacha pas sa fierté de sortir avec celle qui faisait battre le cœur de son cousin et ennemi : Charles, était le plus heureux et ne regrettait plus d'être revenu habiter dans la région, naturellement.

Mais on sait bien que d'une seconde à l'autre, il pourra avouer le contraire, c'est comme ça, ce sont les règles de la vie.



Le dernier jour de la semaine et dernier réveil pour Alexia qui se levait avec la seule envie de retrouver sa couette le soir-même. En même temps, elle ne semblait pas si dégoutée que ça à l'idée d'aller au lycée comparé à il y a quelques jours, et on sait pourquoi. Elle ne pensait qu'à lui incessamment  : dans la nuit pour regarder l'heure sur son réveil, en prenant sa douche le matin, en déjeunant, en salle de cours ou elle ne faisait que de le regarder, en faisant ses devoirs allongée sur son lit - elle jetait, de temps à autres, son stylo sur son cahier de maths et abandonnait toutes réflexions pour prendre d'assaut son téléphone portable et lui envoyer un «Je t'aime» qui l'aiderait probablement à terminer ses exercices - en se couchant, bref, tout le temps et personne ne pourrait véritablement lui en vouloir, ce sont les règles de l'amour semble-t il. C'est avec un léger sourire et des cheveux mouillés après avoir pris une bonne douche brulante qu'elle enleva la buée sur son miroir et qu'elle se regarda un moment, avant d'aller terminer de se préparer, faire son sac et partir au lycée pour une nouvelle journée, aussi habituelle qu'inattendue pourra t elle être. Comme chaque matin à présent, celui-ci étant malheureusement une fois de plus pluvieux, Guillaume allait chercher sa princesse chez elle et ils arrivèrent ensemble au lycée, l'épaule du jeune homme autour du cou de sa chérie et cette fois, sous les yeux de la bande à Charles, si on peut encore parler de bande. Hilary et Anthony faisaient plutôt groupe à part et lorsque Charles les approchaient, ils partaient prétextant quelque chose d'urgent. Alexia n'aimait pas le regard que les autres portaient sur elle et son copain dès lors qu'ils poussaient les portes de l'établissement.

Alexia :
-    Guillaume, j'ai comme l'impression que tout le monde nous regarde là.

Guillaume :
-    Ce n'est pas une impression, et puis alors, il est ou le problème?

Alexia :
-    Ça me gêne un peu, tu comprends.

Guillaume :
-    Mais pourquoi.

Alexia :
-    Et bien je ne sais pas, ils peuvent regarder ailleurs non?

Guillaume :
-    Je trouve ça marrant moi.

Alexia :
-    Et moi ça me mets mal à l'aise.

Guillaume
-    Alors je vais t'embrasser, répondy t-il.

Elle tourna la tête et le regarda avec méfiance.

Alexia :
-    Tu fais ça, tu t'en mordras les doigts mon chéri, crois-moi, dit-elle.

Il s'arrêta aussitôt, mit son sac au sol puis posa ses lèvres sur les siennes, tout le monde les contemplant. Elle le fusillait du regard et lui, en profitait et souriait. A vrai dire, Guillaume n'était plus tellement timide à présent; tout le monde l'adorait et ceux qui ne l'aimait pas il s'en foutait plus que tout. Après ce baiser qu'il fit exprès de faire durer, elle continua de le fixer droit dans les yeux un petit moment.

Alexia :
-    Tu le regretteras.

Guillaume
-    Ah bon ?! lui répondit-il en souriant.

Il remit son sac sur ses épaules et continua son chemin, allant rejoindre d'autres amis près des casiers. Il se retourna une dernière fois.

Guillaume :
   Je t'aime ma puce, dit-il.

Elle lui fit un signe de main en guise de réponse, leva ses yeux au ciel puis s'en alla de son côté.

* * * *

En attendant que la sonnerie retentisse, Hélène se réfugia sur un banc après avoir été aux casiers, à l'écart des autres, la ou le soleil fit ses premières apparitions, au fond de la cour, entre deux arbres et une petite fontaine en marbre. Assise, elle regardait ses pieds, et elle ne vint pas arriver Charles qui prit place à ses côtés.

Charles :
- Salut, dit-il.

Hélène :
-    Je ne crois pas que ce soit une bonne idée que tu viennes me voir Charles.

Charles :
-    Pourquoi?

Hélène :
-    Tu le sais très bien, tu n'étais pas comme ça avant l'arrivée de Guillaume, tu as changé, beaucoup trop changé et tu m'as déçu alors s'il te plait, laisse-moi.

Charles :
-    Au fond, je suis certain que ce n'est pas moi le problème.

Hélène
-    Ah bon?! Et alors c'est quoi mon problème?

Charles :
-    J'ai ma petite idée.

Hélène :
-    Arrête, tu sais que depuis le collège j'ai toujours été la pour et avec toi mais des fois il faut se remettre en question, et grandir un peu (baissant les yeux)

Charles :
-    Ça veut dire quoi ça?

Elle n'osait pas relever son regard mais le fit quand même, au bout de quelques longues secondes.

Hélène :
-    T'es un gamin Charles, rien qu'un gamin riche et capricieux.

Charles :
-    Mais attends..

Hélène :
-    Il vaut mieux que tu t'en ailles, maintenant.

Charles :
-    Laisse-moi m'expliquer non?

Hélène :
-    Non, stop.

Charles :
-    Bon, très bien, je te laisse tranquille.

Il  quitta le banc aussitôt, Hélène ne put s'empêcher de le regarder partir.

Charles :
- Tu crois que je ne suis pas en train de souffrir moi, dit-il d'un coup en se retournant avant de continuer sa marche.

Elle souffla un coup puis se leva afin de rejoindre également la salle de cours, mais avec la larme à l'œil. Hilary, qui arriva à ce moment, et en la voyant, la prit dans ses bras.

Hilary :
-    Oh ma chérie, ne te mets pas dans un état pareil pour lui, il ne le mérite pas, dit-elle.

Hélène :
-    Ça va, je te remercie.

Mais Hélène craqua, une fois de plus.

* * * *

Tandis que tout le monde s'empressait dans les couloirs dès lors que la sonnerie se fit entendre, Hilary et Hélène les traversaient avec beaucoup plus de légèreté. Devant la salle, Alexia et Guillaume était assis, elle sur lui, alors que Charles arriva en leur lançant un regard méchant et provoquant, directement sorti d'un western.

* * * *

L'horreur de la seconde guerre mondiale, la dictature, les camps de concentration, voilà ce qui alimentait le dernier cours d'histoire de la semaine. Tandis que le professeur était en train de lire une lettre d'un soldat adressé à sa femme, une lettre qui fut censuré a t'il précisé juste avant et que tous les élèves furent très passionnés, ou du moins en donnaient l'air, Hilary passait son temps à regarder au plafond, ou alors ses ongles. Le professeur l'ayant remarqué, il faut dire qu'elle n'était pas du tout discrète, surtout placée au premier rang, tentait de terminer sa lecture.

Professeur :
-    «Ma chérie, il n'y a plus ni jours, ni nuits, c'est la même journée qui se prolonge entre la lumière et l'obscurité. Tu me manques et les enfants aussi, j'ai envie de vous serrez forts dans mes bras» lisait-il presque la larme lui montant à l'œil.

A ce moment précis, Hilary regarda sa voisine assise à côté d'elle, qui elle aussi avait déjà son mouchoir en main au cas-ou.

Hilary :
-    J'ai faim.

Mais cette dernière n'a pas réagi. Au fond de la salle, Guillaume et Alexia se sentaient impliqués dans ce que disait leur professeur. Elle s'approcha de son compagnon et se mit à lui chuchoter quelques mots dans son oreille.

Alexia :
-    Tu imagines, d'un millième de seconde à un autre il pouvait se prendre un obus, à tout moment la mort était la, il se battait jusqu'à ce que son tour arrive, c'est juste horrible.

Guillaume lui prit sa main, sous le bureau, sur ses genoux, et ne la quitta plus jusqu'à la fin du cours. Comme d'habitude Guillaume attendait sa belle impatiemment lorsqu'elle rangeait ses affaires. Surprenant ou pas, Hilary se dirigea vers elle une fois son sac terminée.

Hilary :
-    Dites-moi les amoureux, je fête mon anniversaire demain soir à la campagne, mes parents ont organisés une soirée de malade avec alcools bien évidemment, plus d'une centaine de personnes, feu d'artifice et même un groupe de rock, ca me ferait plaisir que vous veniez.

Guillaume :
-    Sincèrement, je ne pense pas que notre place y soit, répondit-il.

Hilary :
-    Détrompe-toi. J'ai vraiment envie que vous soyez là.

Guillaume :
-    Charles sera de la partie?, répliqua une fois de plus Guillaume.

Hilary :
-    Je n'ai pas osé lui dire de ne pas venir, juste qu'il pouvait passer s'il le souhaiter, après je ne pense pas qu'il ait ce culot, fit-elle en le regardant quitter la salle de classe, une fille sous le bras.

Alexia :
-    Écoute, je vais en parler à mes parents mais ce n'est pas certain qu'ils me laisseront sortir, continua Alexia.

Hilary :
-    Tenez moi au courant, bon appétit les amoureux.

Hilary, à son tour, s'éloigna, quitta la pièce après avoir remercier son professeur pour le cours, comme elle le fit à chaque fois, ce qui pouvait paraître légèrement paradoxal.

* * * *

Sous un arbre, à l'ombre, le soleil étant revenu comme par magie, c'est les yeux fermés et allongés l'un à côté de l'autre que les deux amoureux préférés du lycée attendaient que le temps passe. Le leger bruit du vent sur les feuilles fut interrompu par Guillaume.

Guillaume :
-    Laisse-moi deviner, je suis persuadé que tu es gêné, encore une fois.

Alexia :
-    Si tu penses que c'est a propos de la soirée d'Hilary, alors oui.

Guillaume :
-    Au final qu'est ce qu'on perds, hein? On s'en fou, on y va pour passer une super soirée, s'éclater un peu non?

Alexia :
-    J'espère juste qu'elle n'a pas d'idées derrière la tête.

Guillaume :
-    Oh ca va, ce n'est pas un monstre non plus, reprit-il.

Alexia :
-    Si tu ne considère pas Charles comme un monstre, alors elle n'en est pas un.

Guillaume :
-    Je vais te dire un truc, Charles n'est pas parfait loin de là mais si il ne va pas bien en ce moment, c'est en parti à cause de moi. Tu l'as vu ? Au self il mange tout seul, presque plus aucun de ses amis s'arrête pour lui dire bonjour; certains disent même qu'il va faire la une du prochain journal du lycée avec en gros titre «Charles en pleine dépression».

Étonnée, elle ouvrit les yeux et tourna sa tête en son sens.

Alexia :
-    Attends Guillaume, tu es en train de le défendre là.

Guillaume :
-    Même Pauline l'évite, tu imagines.

Alexia :
-    Mais il est allé beaucoup trop loin, je trouve ca juste normal.

* * * *

Alors qu'Alexia était en pleine confrontation avec ses parents au sujet de la soirée qui approchait, Hélène se fit enfin une raison, elle se répétait en elle même qu'il fallait tourner la page, que celle d'avec Charles était déjà bien trop remplie et qu'il fallait passer à autre chose. A quoi bon se mettre dans des états pareils pour lui, Hilary avait raison ce matin, mais c'est difficile de l'admettre toutefois. Mais tout ceci n'est qu'une pensée d'un instant.
Son portable ne cessait de vibrer toute la soirée, à force, elle ne le regardait même plus, elle savait pertinemment qu'il s'agissait de lui, de l'autre côté.
Aussi incompréhensible pouvait-elle devenir, elle avait décidé de se rendre à la soirée d'Hilary le lendemain, accompagné d'Ethan, au risque de croiser Charles. Au fond, elle ne savait pas trop quoi en penser. Avait-elle un peu envie de le voir quand même? C'est pleine de questions qu'elle alla se coucher avec l'espérance de se lever, l'esprit un peu plus frais.

Il peut y avoir de véritables raisons qui font que quelqu'un puisse nous décevoir mais quand cette personne est trop proche de nous, on est sans cesse confrontés à l'hésitation et la tentation permanente de vouloir la serrer, rien qu'un instant dans nos bras, et ce, parce que c'est plus fort que nous, plus fort que tout.

* * * *

Les parents d'Alexia furent catégoriques : elle ne se rendra en aucun cas à cette soirée. Connaissant Hilary, ils ne doutèrent pas du déroulement de la soirée, une soirée qui pour eux fut très vite jugée comme pouvant être que basé sur l'excès. Pour faire simple, ils connaissaient parfaitement le comportement de la jeune demoiselle. Mais au téléphone, en début d'après-midi, planquée dans son jardin entre deux rosiers, Alexia expliqua à son copain qu'il n'y avait aucun problème, qu'il pouvait passer la prendre en début de soirée.

* * * *

Il est vrai que tous étaient très préoccupés par ce qu'il se passait en ce moment, et tout le monde comptait sur cette soirée pour ne pas tout oublier mais simplement penser à autre chose quelques heures. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que ce genre de soirée peut tout changer, tout peut basculer et de nouvelles rivalités ou de nouvelles complicités peuvent naître. Hilary, excitée, arriva sur les lieux, accompagnée de ses parents, les yeux fermés. Elle sortit de la voiture, une immense voiture blanche devrait-on dire et louée rien que pour l'occasion. Elle était resplendissante dans une robe mauve et des cheveux légèrement ondulés. C'était une épreuve de ne pas pouvoir ouvrir les yeux et contempler ce qui lui était préparé. Lorsque la permission lui fut donné, c'est avec merveille et des étoiles dans son regard qu'elle aperçut un décor somptueux, en pleine campagne, allumé de milles feux. Tout le monde, ou presque, étaient déjà la pour lui faire la surprise; elle qui croyait qu'elle arriverait la première, c'était raté. Elle s'avança sans trop savoir ou aller véritablement. En marchant, ce sont les autres qui venaient à elle et qui la remplissait de compliments. La soirée pouvait enfin commencer.

* * * *

Alexia :
-    Je n'y arrive pas, fit Alexia, du haut de la fenêtre de sa chambre en essayant d'escalader pour rejoindre son prince, près de sa voiture, sous un lampadaire.

Guillaume :
-    Pourquoi tu passes par ta fenêtre aussi?

Alexia :
-    J'ai pas envie de passer par l'entrée c'est tout.

Guillaume :
-    Mais ca n'a pas de sens, répond-il.

Alexia :
-    J'en ai marre de la routine, il faut changer ses habitudes un peu, c'est toi qui me disait ça il y a juste quelques jours, dit-elle en donnant beaucoup d'elle-même pour tenter de passer par dessus.

Guillaume :
-    Tu peux changer tes habitudes autrement chérie.

Alexia :
-    Non, ca me convient.

Guillaume :
-    Encore faut-il y arriver.

Alexia :
-    Je vais y arriver, j'y suis presque regarde, ah...mince, s'il te plait tu peux pas venir m'aider?

Guillaume :
-    Je n'ai pas envie, tu te débrouilles ma puce.

Elle leva la tête, arrêtant tout effort.

Alexia :
-    Merci au moins c'est clair.

Guillaume :
-    Tu vas y arriver chérie je le sais, dit-il en souriant, presque en se moquant.

Au bout de dix minutes, elle embrassa enfin son homme et monta dans la voiture. Elle ne voulait pas lui dire la vérité, qu'elle a fait le mur, qu'elle n'avait pas l'autorisation de partir pour la soirée. Pendant qu'elle réfléchissait, il mit la clé sur le contact et démarra la voiture.

Guillaume :
-    Tu comptes passer par la cheminée la prochaine fois?

Alexia :
-    Pourquoi pas, dit-elle en souriant.

* * * *

Quelque part en campagne, la fête était bien au rendez-vous avec un groupe de rock qui mit le feu au milieu de deux arbres certes, mais sur une scène éclairée avec tout ce qu'il faut s'il vous plait, on ne fait pas les choses à moitié dans la famille d'Hilary. Ignorait-elle au moment précis ou elle donna deux verres de champagnes à deux de ses compagnons que Charles était là, et prenait place, peu à peu, au sein des autres et notamment vers Hélène qui téléphonait à l'arrière de la maison toute de pierres? Certainement pas. Et Hélène non plus ne s'en doutait pas jusqu'à ce qu'elle le voit. Surprise, elle se dépêcha de terminer sa conversation téléphonique. Ne voulant pas déranger, Charles commença à s'en aller. Elle courut sur le gravier, en talon, pour le rattraper.

Hélène :
-    Charles, deux secondes attends.

Il se retourna et s'en rapprocha. Un léger vent venait de se lever.

Charles :
-    Je t'écoute.

Hélène :
-    Pourquoi es-tu venu ? Tu devrais avoir honte.

Charles :
-    Arrête, tu n'es pas crédible Hélène.

Hélène :
-    N'importe quoi.

Charles :
-    Je te connais.

Elle regarda au sol, puis leva la tête en l'air, fixa la lune, et un frisson plus tard elle avança jusque dans ses bras pour le serrer très fort, puis, doucement, déposa ses lèvres sur les siennes plus rien ne traversait son esprit, juste la joie d'être près de lui. Hilary se rendit sur les lieux pour aller chercher d'autres bouteilles, en voyant la scéne elle fit aussitôt demi-tour. Quelques secondes passèrent et Hélène se retira.

Hélène :
-    Putain, dit-elle en remuant la tête.

Charles :
- Quoi?

Hélène :
- Je n'aurais pas du.

Charles :
-    Tu en avais envie.

Hélène :
-    Oui j'avais envie mais c'est physique c'est tout,  et...

Charles :
-    C'est plus fort que toi.

Hélène :
-    Tu n'aurais pas du venir Charles.

Charles :
-    Pourquoi, tu as peur?

Hélène :
-    Peur de quoi?

Charles :
-    De tomber dans mes bras après avoir bu quelques verres?

Hélène :
-    N'importe quoi. Tu changeras vraiment jamais. Quelque chose est cassée entre nous Charles.

Elle enleva ses talons qui lui faisaient très mal, elle n'était pas vraiment très habituée à en porter, que lors des grandes occasions dirons nous. Elle s'en alla sans même lui lancer un autre regard même si ce n'est pas l'envie qui manquait.

* * * *

Tout juste à peine quelques minutes après être arrivés, Alexia quitta les bras de Guillaume pour surement profiter aussi de la fête à sa manière. En tout cas, Ethan avait repéré l'arrivée du jeune homme et ne mit pas très longtemps avant d'aller l'accoster près du grand buffet tandis qu'il était en train de se servir une coupe.

Ethan :
-    Salut, fit Ethan, le sourire jusqu'aux oreilles.

Guillaume :
-    Ah, Ethan, comment ça va? fit-il en buvant une première gorgée et en se retournant face à la fête.

Ethan :
-    Très bien mais toi?

Guillaume :
-    Moi?! Très bien aussi, je te remercie, dit-il en regardant ailleurs, comme-ci il cherchait quelqu'un.

Ethan :
-    C'est parfait alors.

Guillaume :
-    Oui oui, merci bien.

Ethan le regardait et ne semblait pas près à le quitter si vite ce qui gêna un poil Guillaume.

Ethan :
-    Tu sais que si il y a un problème...

Guillaume :
-    Je peux venir te parler, je le sais, c'est vraiment très sympa de ta part, dit-il en lui coupant la parole.

Ethan :
-    Voilà tu le sais déjà. Sinon les amours, euh..

Guillaume :
-    Écoute, je t'apprécie vraiment énormément, comme tout le monde il me semble, mais que je sois clair, je sors avec Alexia depuis quelques temps et je suis très bien avec elle, ne te fais pas d'illusions alors.

Ethan :
-    Pourtant, je pensais que...

Guillaume :
-    Non, tu te trompes, désolé mec.

Guillaume posa son verre sur l'une des tables présentant le buffet avant de se rapprocher de la scène ou le groupe de rock entamait sa énième musique.

 

 

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Il commençait à être très tard dans la nuit, certains furent déjà partis mais la musique et la bonne ambiance régnaient toujours autant. En vérité, Charles avait passé quasiment toute sa soirée en retrait des autres, assis dans un coin, sur des hautes herbes, aux bords d'un fossé. Il ne se levait que pour aller remplir son verre. Alexia, de son côté avait perdu son copain de vu, elle l'a cherché un bon bout de temps, puis a abandonné, pensant qu'il était peut-être déjà parti sans le lui dire. Au moment ou la fatigue commençait à se faire ressentir chez la jeune femme, elle alla à la rencontre de Charles, elle savait ou il était, l'ayant guetté toute la soirée quand même, sauf que la, il s'était levé et partait en direction de la forêt, il ne fallait traverser qu'une grande plaine éclairé par la pleine lune, la nuit était en effet très claire. Lorsqu'elle arriva, il était déjà loin, elle ne voyait que son ombre, elle descendit avec difficulté le fossé puis se mit a courir jusqu'à lui, traversant la plaine avec peur, ou elle regardait dans tous les sens. Elle criait son nom pour qu'il s'arrête mais ne l'entendait pas. C'est au bord d'une rivière, assis face aux reflets des étoiles qu'Alexia prit la parole la première.

Alexia :
-    Je t'ai regardé toute la soirée, tu m'as fais de la peine.

Charles :
-    Il ne faut pas que je te fasse de la peine, plus personne n'est proche de moi de toute manière.

Alexia :
-    C'est un peu à cause de moi ce qu'il t'arrive.

La discussion fut longue et continua dans la voiture, sur le retour. Malgré l'alcool, Charles voulait rentrer et à insister à ramener la belle chez elle.

Charles :
-    Guillaume est arrivé et tu as craqué sur lui c'est tout, dit-il en peinant à conduire.

Alexia :
-    Ça me touche tu sais. Tu as toujours collectionné les filles pour un soir généralement mais...

Charles :
-    Mais la je suis tombé fou amoureux de toi, oui.

Alexia :
-    Je sais.

Charles :
-    Par jalousie, j'ai fais n'importe quoi et maintenant j'en paie les conséquences, c'est normal après tout.

Elle ne répondit pas et de plus en plus il ne s'intéressait plus à la route, mais il l'a regardait elle. En passant sur une voie ferrée sans barrières automatiques, Alexia, en regardant par la fenêtre, vit venir un train à toute vitesse. Elle se mit à crier. La voiture passa de justesse et Charles freina et fit un dérapage qu'il n'a contrôlé à aucun instant. A deux secondes près le train aurait fauché la voiture.

Alexia :
-    Oh mon Dieu, c'est quoi ça, tu peux pas faire attention en roulant non?! dit-elle, paniquée.

Charles :
-    Viens.

Tous les deux sous le choc, Charles l'a prit dans ses bras. Une fois la pression retombée, elle leva la tête qui fut posé sur son torse et le regarda.

Charles :
-    Excuse-moi, tu avais raison, on aura pas du prendre la route dans cet état.

Elle ne dit rien, le fixa encore jusqu'à le gêné et l'embrassa sur la bouche quelques instants.

Alexia :
-    On oublie ça, ok?

Charles :
-    Pourquoi tu as fais ca?

Alexia :
-    Parce que tu en avais envie. Maintenant, c'est fait.

Charles :
-    Mais...

Alexia :
-    Ne dis plus rien, roule.

Et c'est sans se dire un mot qu'ils reprirent la route.

* * * *

Hilary avait passée une soirée magnifique, peut-être l'une des plus belles en son honneur. Elle était juste comblée. Le bonheur, elle était en plein dedans. Tandis que d'autres, comme Ethan, sont tombés de bien haut. Les parents d'Alexia, quand à eux, ont entendus leur fille rentrer mais n'ont préférés rien dire et restés au lit, à vrai dire, eux aussi ont étés adolescents. Charles, se sentait encore plus mal après ce baiser et le risque d'accident. Il termina la nuit sur un hall d'immeuble à contempler la ville, de haut, pleins de lumières, avec de l'alcool dans les mains et une fille, une inconnue à ses côtés comme il en avait l'habitude. Guillaume lui, était parti de la soirée juste avant Hilary, en effet, il n'avait pas retrouvé Alexia. Il se demanda comment elle avait bien pu partir. Mais bon. Il décida d'appeler un taxi, il ne voulait pas déranger ses parents. Sur le chemin, il ne put s'empécher d'appeler et d'envoyer des messages à Alexia, sans réponses...

On se lève chaque matin en ayant une petite idée de la journée que l'on va passer, avec des craintes et des envies, mais on se couche chaque soir différemment, avec des réponses, mais d'autres questions. La vie est imprévisible et il ne suffit que d'une seconde pour qu'elle bascule, parfois pour toujours, pour le meilleur, comme pour le pire.


Hélène, elle, avait appelé son chauffeur juste après avoir embrassé Charles. Depuis quelques temps, elle se posait une certaine question et, après le fait d'avoir embrassé son... ami, elle eu sa réponse. Sur le chemin, les larmes coulaient le long de sa joue. Où pouvait-elle allé à cette heure ci ? Elle avait tant besoin de parler et, elle ne connaissait qu'une personne à qui elle pourrai se confier. Elle donna donc la destination au conducteur.

A 2H15, elle arriva enfin à destination. Elle sortit de la voiture et regarda le batiment qui se dressait devant elle : "Institue VINKIN". Hélène poussa les portes d'entrée et se dirigea vers l'accueil.

Hélène :
Je voudrai parler à Leonard...

Hotesse d'accueil :
Mademoiselle Joyce, il est plus de 2H00, il dort à cette heure ci.

Hélène :
- Pourrais-je au moins dormir avec lui ?

Hotesse d'accueil :
- ... allez-y.

Hélène la remercia et se s'avança dans un couloir sombre. Elle s'arreta devant la porte numero 08. Elle abaissa la poignée et ouvrit la porte. Une fois entrée, elle la referma, évidemment. Il faisait sombre à l'intérieur de la pièce. Seul un trait de lumière, venant de la fenêtre, pouvait aidé Hélène à y voir un peu plus clair. La jeune femme s'approcha donc du lit. Elle s'y assit doucement, souleva le drap et s'allongea près de la personne qui était dedans.

Hélène :
- Je t'aime Leonard...

 

 

Ecrit par Kévin                                                 

Co-écrit par Tom                                  

 

 

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