saison 1 - episode 7



Dernier battement de cœur
(1/2)



Un silence, des regards, des soupirs, des larmes, un souffle, un cri, l'espoir, l'amour, l'amitié, le pardon, le courage, pardonner, sourire, s'embrasser, penser, rire, marcher, pleurer, courir, se précipiter, chercher, s'enfuir, avoir peur, être heureux, tous ceci ne mène qu'à une chose... le silence.

Enfin la reprise des cours. Alexia attendait ça depuis deux longues semaines. Elle n'en pouvait plus de rester enfermée chez elle, de ne penser qu'à une chose, Guillaume.
Aujourd'hui, elle devait lui parler. Ils s'étaient donné rendez-vous sur l'herbe près du nouvel abri. Par chance, aujourd'hui, il faisait beau.

Alexia était l'une des premières arrivées. Elle se dirigea donc vers le gazon.

Lorsqu'elle posa son pied sur la terre, il s'enfonça de quelques centimètres. Sur le coup, elle fut surprise. A chaque enjambée qu'elle faisait, son pied s'enlisa dans la terre en craquelant. Au bout d'une dizaine de pas, elle arriva enfin près du premier banc. Après avoir vérifié qu'il n'était pas humide, elle s'assit dessus et attendit Guillaume.
Autour d'elle, il y avait un couple qui s'embrassait adossé contre un mur, et un groupe de quatre personnes, assis à même le sol.

 Alexia, assise, seule, regardait en direction de la grille. Voici maintenant dix minutes qu'elle attendait.

Alexia vit enfin Guillaume arriver. Il y a quelques jours, elle aurait été heureuse de le revoir, malgré ce qu'il lui avait fait, mais maintenant, elle n'était pas prête de lui pardonner. Elle le regarda s'approcher.
Les deux adolescents avaient tellement envie de se parler qu'aucun des deux ne vit le proviseur courir.
Le proviseur courait vers Guillaume. Alors que le jeune homme allait enfin pouvoir parler à sa copine, alors qu'il ne lui restait plus que quelques pas à faire pour la rejoindre, le proviseur se mit à hurler :

Proviseur :
- NON.

Et il stoppa Guillaume, l'empêchant d'aller sur la pelouse. Toutes les personnes présentes dans la cours se retournèrent vers lui. Il y eu un long silence. Plus personne ne bougeait. Le proviseur se tourna face aux élèves qui le regardaient et, encore une fois, il se mit à crier.

Proviseur :
- Personne n’a le droit de s'approcher de l'herbe jusqu'à nouvel ordre.

Alexia et Guillaume se lancèrent un regard d'incompréhension. Le proviseur se tourna vers les sept personnes qui se trouvaient sur l'herbe.

Proviseur :
- Quand à vous... ne bougez surtout pas.

Guillaume :
- Pourquoi ?

Le proviseur sortit son portable et composa rapidement un numéro.

Proviseur :
- Je vous avais dit de barrer l'accès à la pelouse et de fermer le lycée... Je me fiche que vous ayez dit à quelqu'un d'autre de le faire... A cause de vous, sept élèves sont sur l'herbe, vous allez donc les appeler et leur expliquer la situation, qu'ils viennent le plus rapidement possible.

Guillaume :
- Monsieur, que se passe-t-il ?

Le proviseur lança un regard inquiet au lycéen. Avait-il le droit de lui dire ? Devait-il le lui dire ? A ces deux questions, la réponse était non.

Proviseur :
- Il y a une bombe...

Seul Guillaume venait d'entendre ce que le proviseur venait de dire. La peur saisit son corps. Il regarda Alexia.
 

Peu importe ce que l'on peut faire, à un moment ou un autre, il y aura toujours un silence.




Guillaume :
- Comment ça il y a une bombe ?

Proviseur :
- Cette nuit, les ouvriers travaillaient encore sur l'abri et, en creusant,  ils ont découvert une bombe.

Alexia :
- Guillaume !

Le jeune homme et le proviseur se retournaient face à Alexia.

Alexia :
- Que se passe-t-il ?

Alexia commença à se lever. Elle commençait à être légèrement inquiète.

Proviseur :
- Restez assise Mademoiselle... VOUS AUSSI AU FOND. Ne bougez pas, restez... l'un sur l'autre.

Alexia :
- Dites-moi ce qui se passe.

Guillaume continua à fixer Alexia. Il était totalement perdu. Il ne la regardait pas vraiment. Il n'entendait rien, rien à part son cœur. Son cœur qui battait de plus en plus vite. Lui seul savait ce qui se passait. Lui seul, parmi tous les élèves. Guillaume resta immobile, à fixer Alexia qui commençait à s'inquiéter de plus en plus.

Proviseur :
- Vous devriez reculez, rentrez chez vous même. Nous allons faire évacuer tout le lycée.

Guilaume :
- Non... je... je reste là.

Guillaume se retourna. C'est à ce moment qu'il vit Pauline. Accompagnée de son frère, elle entra dans l'enceinte du lycée. Tandis que Charles se partit vers le bâtiment, Pauline se dirigea vers Guillaume. Le jeune homme s'éloigna de la pelouse pour rejoindre Pauline.

Pauline :
- Qu'est-ce que tu as ?

Guillaume avait les yeux rouges, une larme coula sur sa joue. Le souffle saccadé, le cœur battant de plus en plus rapidement, il dû prendre une grande inspiration pour répondre à sa cousine.

Guillaume :
- Il y a une bombe...

Pauline :
- De quoi !

Guillaume :
- IL Y A UNE BOMBE SOUS CETTE PUTAIN DE PELOUSE ET ALEXIA EST BLOQUEE DESSUS.


Un silence. D'un seul coup, plus personne ne parlait, il n'y avait même plus de vent. Plus personne ne marchait, tous les regards étaient dirigés vers Guillaume.
Il prit une seconde inspiration. Il devait se calmer. Guillaume ne s'était pas encore rendu compte de ce qu'il venait de faire. Pauline le regarda. A son tour, elle fut surprise. Avait-elle bien comprit ce que Guillaume venait de dire ? Elle en doutait.
Toutes les personnes présentes dans la cours commençaient à chuchoter. Puis, ils parlaient normalement pour enfin, céder à la panique. Tout le monde se précipita hors du lycée. Guillaume et Pauline se firent bousculer mais restèrent immobiles. Ni l'un ni l'autre ne voulait partir. Guillaume ne voulait pas laisser Alexia, et Pauline le savait.

***

Charles venait de rejoindre Hilary. Ils étaient tous les deux à l'intérieur, assis à leur place habituelle.  

Hilary :
- J'ai enfin largué Anthony.

Charles :
- Ce n'est pas trop tôt. Comment a-t-il réagit ?

Hilary :
- Il a dû m'appeler trois fois par jour pendant les vacances. Sans compter le nombre de fois où il est venu frapper à ma porte.

Charles :
- Bon, et bien il ne te reste plus qu'une chose à faire.

Un portable se mit à sonner. Charles le sortit de sa poche et regarda le numéro. Il ne voulait pas décrocher. Il rangea donc l'appareil et attendit qu'il cesse de vibrer.

Hilary :
- Tu en as un nouveau !

Charles :
- ... Oui, j'avais envie de changer.

Hilary :
- Qui est-ce ?

Charles :
- ... ma sœur.

Hilary :
- Elle ne doit pas t'appeler qu'en cas d'urgence ?

Charles :
- Et bien aujourd'hui je n'ai pas vraiment envie de parler à qui que ce soit... à part toi. Donc si c'est important, tempis.

Charles se retourna brusquement. En effet, toute une classe se mit à courir dans le couloir. Tous les élèves se dirigèrent vers la sortie. Charles et Hilary se regardèrent. Que faisaient-ils ? Les deux adolescents se le demandaient bien.
D'autres adolescents passèrent devant eux. Comme si tout le lycée sortit d'un coup.

Hélène :
- Qu'est-ce que vous faites ?

Hélène fut surprise de voir Charles et Hilary. Pourquoi étaient-ils là ?
De même, Charles fut surpris qu'Hélène se soit arrêtée pour leur parler.

Charles :
- Je croyais que tu ne voulais plus me parler ?

Hélène :
- Vous n'êtes pas au courant ?

Hilary :
- Au courant de quoi ? Que tu es amoureuse de Guillaume ? Tout le lycée le sait.

Charles se mit à rire.
Le couloir redevint silencieux. Tout le monde était partit. Le seul bruit provenait du rire de Charles.

Hélène :
- Il y a une bombe.

***

Guillaume et Pauline étaient assis, sur un banc, face à Alexia. Le proviseur resta près de la pelouse, attendant les démineurs.

Pauline :
- Tu ne veux pas partir ?

Guillaume :
- Non.

Guillaume et Alexia se regardaient. Tous les deux avaient un regard vide, tous les deux avaient peur.

Pauline :
- Pourquoi y aurait-il une bombe ? Ici ! C'est un acte terroriste ?

Guillaume :
- Non, a priori elle serait ancienne. De la seconde guerre mondiale.

Pauline :
- Donc elle ne risque probablement plus d'exploser.

Guillaume :
- Peut-être, mais elle peut également être deux fois plus sensible.

Les démineurs se tenaient debout devant la grille, ils étaient enfin arrivés, et leur chef s’entretenait avec le proviseur.  
Le directeur s'approcha d'eux. Ils étaient une bonne vingtaine. Certains se mirent à courir, probablement pour encercler le lycée. D'autre restaient sur le même trottoir. Probablement pour empêcher quiconque de rentrer. Seul cinq d'entre eux entrèrent dans l'enceinte du lycée. Certainement les seuls démineurs. Guillaume était content qu'ils soient enfin arrivés. Ils allaient enfin pouvoir retirer cette bombe.

Démineur :
- Excusez-moi. Vous ne pouvez pas rester ici.

Pauline et Guillaume furent surprit de voir un démineur ici. Ni l'un ni l'autre ne l'avait vu arriver.

Guillaume :
- Je ne partirai pas d'ici, ma copine se trouve sur l'herbe par ma faute... Je dois rester ici.

Le démineur hésita. Il regarda Pauline, espérant qu'elle le fasse changer d'avis.

Pauline :
- Je reste avec lui.

Le démineur venait probablement de débuter dans ce métier. Il semblait encore très jeune.

Démineur :
- Vous pouvez rester mais vous allez vous asseoir sur le banc qui se trouve tout au fond.

Pauline se leva, Guillaume non. Elle le bouscula un peu pour qu'il se lève. une fois ceci fait, elle regarda le démineur et lui sourit, en signe de remerciement.

Pauline :
- Allez viens Guillaume.

Guillaume était totalement inexpressif. Les yeux plongés dans ceux d'Alexia, il en profita le plus longtemps possible. Il allait devoir reculer, et alors, il ne la verrait plus aussi bien que maintenant.

***

Charles, Hélène et Hilary sortirent du lycée. A peine posèrent-ils un pied dans la cours qu'ils furent interpellés pas un démineur.

Démineur :
- Que faites-vous là ?

Charles :
- On évacue.

Démineur :
- C'est de l'autre côté qu'il faut sortir.

Charles vit, de l'autre côté de la cour, sa sœur, assise sur un banc, accompagnée de Guillaume.

Charles :
- Et pourquoi les deux là-bas peuvent rester ?

Démineur :
- Ils connaissent une personne bloqué sur le gazon, veuillez partir s'il vous plaît.

Charles :
- Alexia !

Charles se rappela de Guillaume, qui était passé chez Alexia la veille. Ils c'étaient donnés rendez-vous.

Hilary :
- Nous allons y aller.

Hilary et Hélène commencèrent à partir, laissant Charles avec le démineur.
Charles regardait Guillaume. Alexia se trouvait sur l'herbe.

Charles :
- Je... peux rejoindre ma sœur ?

Encore une fois, le démineur hésita. En principe, personne ne devait rester dans l'enceinte du lycée. Le démineur accepta à condition qu'il reste avec eux, loin des démineurs et donc de la pelouse.
Charles remercia le démineur et se dirigea vers sa sœur.
C'était la première fois que le lycée était aussi calme. Seul trois démineurs positionnés autour du coin d'herbe faisaient du bruit à cause des machines qu'ils installaient.
Charles regardait droit devant lui, il n'avait aucune envie de voir Alexia, bloquée, à un endroit où elle pouvait exploser à n'importe quel faux pas. Charles continua à marcher, le silence se fit de plus en plus pesant. Il avait l'impression que tout le monde le fixait. Et c'était le cas.

Alexia le regardait, espérant qu'il lui lance un regard.
Les démineurs le regardait, se demandant ce qu'il faisait ici.  
Pauline le regarda, surpris de le voir approcher d'eux.
Guillaume était le seul à ne pas le regarder, trop occupé à fixer Alexia.

Charles :
- Salut.

Pauline :
- Salut.

Charles :
- Je peux m'asseoir ?

Pauline :
- Vas-y, j'allais chercher de l'eau. Si on reste ici toute la journée nous

Pauline se leva et se dirigea vers le hall du lycée. Guillaume et Charles, quant à eux, restèrent immobiles.

***

Le directeur, accompagné de deux démineurs, avaient installés tout le materiel nécessaire dans une salle de cours.

Proviseur :
- A quoi va servir tout ce matériel ?

Démineur Chef :
- Trois de mes collègues ont installés des balises autour de toute la zone. Ces balises émettent des ondes. Ces ondes vont se réfléchir sur tous les métaux qui se trouvent à un mètre sous le sol.

Proviseur :
- Seulement à un mètre ! Et s'il y en a d'autre enterrés plus profondément ?

Démineur Chef :
- C'est une bombe de la seconde guerre mondiale. C'est impossible qu'ils y en aient enterrés plus profondément. Par contre, elles peuvent être extrêmement sensibles. En plus, à cause de la pluie, la terre est... étrange. Je n'avais jamais vu ça. Mais si personne ne saute, tout devrait bien se passer.

Le démineur mit l’oreillette à son oreille. Il l'activa et demanda à son collègue de faire un test. Il appuya sur un bouton et se mit à parler dans un micro.

Démineur :
- 1,2,test.

Son oreille ne réagissant pas au signal, il s’en débarrassa aussitôt.

Démineur Chef :
- Trouvez en une qui marche le plus rapidement possible, je vais me charger de l'analyse.


***

Charles s'était enfin assis sur le banc. Lui et Guillaume se trouvaient chacun à une extrémité.
Tandis que Guillaume continuait à fixer Alexia, qu'un démineur essayait de rassurer, Charles regardait le sol.
Charles espérait que sa sœur revienne le plus rapidement possible.
Guillaume espérait que la bombe n'explose pas.
Pauline, qui les observait au loin, espérait qu'ils se parlent, qu'ils s'entendent, au moins aujourd'hui au vue des circonstances.

Guillaume :
- J'ai essayé de l'appeler. Elle ne m'a même pas répondu.

Charles redressa la tête. Il comprit que Guillaume lui parlait. Ils étaient seuls et, Guillaume ne se serait pas parler à lui même.
Charles tourna son visage vers Guillaume en prenant soin de ne pas regarder Alexia.

Charles :
- Peut-être qu'elle n'a pas son portable sur elle, où qu'elle ne l'a pas entendu.

Guillaume :
- C'était toi... hier... chez elle.

Charles :
- Je...

Guillaume :
- J'ai reconnu la voiture de ton chauffeur. Il aurait dû se garer un peu plus loin.

Charles regarda de nouveau le sol. Soudain, il pensa à une chose horrible.
La veille, il avait été voir Alexia. Guillaume aussi était passé mais, Alexia n'avait pas acceptée de le laisser entrer parce qu'elle avait peur de sa réaction. Peur de sa réaction s'il venait à voir Charles dans sa chambre.
Si Charles n'avait pas été la voir, elle l'aurait laissé rentrer et, jamais ils ne se seraient donnés rendez-vous sur l'herbe, et rien de tout cela ne serait arrivé.

 Charles :
- C'est de ma faute.

Guillaume regarda enfin autre chose qu'Alexia. Il posa son regard sur Charles.

Guillaume :
- A l'origine elle ne t'aimait pas. Lorsqu'Hilary nous as invité à son anniversaire, elle te haïssait au plus haut point. C'est "grâce" à moi qu'elle a appris à t'apprécier.

Charles, à son tour, le regarda.

Guillaume :
- C'est grâce à moi qu'elle a acceptée de monter avec toi... alors que tu es loin d'avoir le permis. C'est grâce à moi qu'elle t'a embrassée. C'est grâce à moi que tu l’as reconduite chez elle la veille des vacances. Si je ne l’avais pas forcée à t'apprécier, rien de tout cela ne serai arrivé. Elle ne serait pas là où elle est.

Guillaume fixa une nouvelle fois Alexia. Elle semblait sourire. Le démineur qui se trouvait le plus proche d'elle avait dû lui raconter une blague.
Une larme coula sur la joue de Guillaume.

Guillaume :
- Si je ne l’avais pas forcé à t'apprécier, elle ne m'aurait pas donné rendez-vous ce matin. Elle n'aurait pas eu besoin de me dire qu'elle me quittait. Pas ce matin. Pas pour toi.

Charles le regarda encore une fois.

Guillaume :
- Elle t'aime, et probablement depuis longtemps. Si elle s'est mise avec moi, c'est en grande partie parce que nous faisons partie de la même famille. Je suis son premier amour, j'aurais toujours une place importante dans son cœur. Mais je ne suis pas son âme sœur.

Charles :
- Mais c'est elle... ton âme sœur.
 
Guillaume :
- J'ai déjà aimé une fille, au point de faire quelque chose que je paye encore aujourd'hui. Mais jamais je n'ai aimé comme j'ai aimé Alexia.

Charles :
- Je... suis désolé pour ce que je t'ai fait endurer.

Guillaume continua à regarder Alexia et se mit à sourire.

Charles :
- Mais ça ne veut pas dire que je compte devenir ton ami.

Guillaume s'attendait bien à ce que Charles rajoute quelque chose comme ça.
Guillaume le regarda. Il continuait à fixer le sol. Malgré les circonstances, Charles avait réussi à le réconforter.

Après cette conversation, Charles et Guillaume restèrent quelques minutes sans se parler. C'est alors que Pauline revint enfin avec deux bouteilles d'eau.
Elle en tendit une à Guillaume et l'autre la passa à Charles.

Pauline :
- Vous avez parlez un peu ?

Guillaume :
- Tu n'attendais que ça n'est-ce pas.

Charles :
- En tout cas ça a marché.

***

Démineur Chef :
- Je les ai toutes.

Proviseur :
- Vous savez où sont les bombes ?

Démineur Chef :
- Oui, et par chance, il n'y en a que deux et, aucun des élèves ne se trouvent dessus.

Proviseur :
- Ils peuvent donc quitter la pelouse sans aucun risque.

Démineur Chef :
- Oui, ensuite seulement, nous approcherons des bombes. Nous n'y toucherons pas avant que tout le monde soit à l'abri.

Le démineur en chef se leva. Il laissa la place à son collègue. Il s'approcha de la porte et commença à l'ouvrir.

Démineur Chef :
- Je vais prévenir les élèves et je les évacue dans dix minutes.

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Pauline était assise entre Guillaume et Charles. Elle et Guillaume regardaient vers la pelouse. Charles continua à regarder ailleurs.
Guillaume se leva brusquement. Il fit quelques pas en avant.

Pauline :
- Guillaume ! Nous ne devons pas nous approcher.

Guillaume :
- Il doit y avoir du nouveau. Cet homme, parle à Alexia.

Pauline :
- Depuis le début il leur parle. Tu ne crois tout de même pas qu'ils vont les laisser là tout seul en risquant qu'ils ne bougent ou en les laissant terrifiés.

Guillaume :
- Non... il y a du nouveau, j'en suis sûr.

Le cœur de Guillaume se mit à battre. Etait-ce de bonnes ou de mauvaises nouvelles ? Il s'en fichait, des nouvelles étaient des nouvelles.
Lorsqu'il fut assez près pour les entendre, il s'arrêta.

Démineur Chef :
- Vous allez vous placer le plus près possible de chaque élève sans marcher sur la pelouse. Je vais m'occuper de la fille. Elle est plus proche du bord, nous la ferons passer la première.

Guillaume se mit à sourire. Une joie intense le parcourut. Elle allait enfin pouvoir sortir, enfin, quitter cet enfer. Le démineur se rapprocha le plus près possible.

Démineur Chef :
- Comment t'appelles tu ?

Guillaume écouta Alexia répondre. Lorsqu'elle lui donna son nom, il se mit à sourire. Elle était à la fois terrifié et heureuse.

Démineur Chef :
- Très bien Alexia. Je vais t'expliquer ce que tu vas faire. Tu vas te lever doucement. Les bombes se trouvent de l'autre côté, il n'y a donc aucun risque. Tu vas t'avancer doucement en essayant de marcher exactement là où tu as marché la première fois. Ca ne devrait pas être très compliqué. Tes traces de pas se voient toujours dans la terre. Elle est si sèche.

Alexia se trouvait à dix pas du démineur, Guillaume se trouva à peu près à la même distance de ce démineur, donc à vingt pas d'elle. Alexia décida de laisser son sac sur le banc. Autant ne pas rajouter du poids. Elle fit un pas en avant. Elle posa le pied exactement à l'endroit où il y avait son empreinte.
Guillaume sentit son cœur battre de plus en plus vite. Il avait le souffle saccadé tellement il était excité à l'idée de pouvoir la serrer dans ses bras.
Pauline se leva également. Elle commença à s'approcher de Guillaume. Elle aussi était impatiente à l'idée de pouvoir sortir du lycée et de partir le plus loin possible de ces bombes.

Démineur Chef :
- C'est très bien, ne te presse pas.

Alexia laissa échapper un rire.
Guillaume tendit l'oreille.
Pauline s'arrêta contre un arbre.
Guillaume tendit l'oreille.
Alexia laissa échapper un rire.
Guillaume tendit l'oreille.
Guillaume regarda vers le lycée.
Guillaume attendit.
Guillaume attendit encore.
Guillaume laissa passer deux secondes.

Une main poussa une porte.

Guillaume regarda Alexia.
Le démineur en Chef la félicita de son sang-froid.
Alexia osa enfin regarder Guillaume.
Il eut le souffle coupé.

Guillaume :
- ALEXIA NON !

Guillaume fut propulsé deux mètres en arrière. Pauline réussit à s'accrocher à l'arbre. Charles fut soufflé et tomba. Le démineur fut projeté en arrière également, le visage en sang. Alexia. Où était Alexia ?
Il y avait un immense nuage noir mélangeant terre et poussière.
Guillaume était allongé par terre. Il venait de réaliser ce qui venait de se passer. Le nuage s'estompa petit à petit. Il y eu un cri. Un cri de douleur.
Guillaume se redressa. Le nuage était enfin partit. Son cœur s'emballa. Il n'arrivait plus à respirer. Il se redressa et commença à courir. Alexia n'était plus là. Il ne restait plus rien d'elle à part son sac qui venait d'être propulsé.
Il se mit à hurler. Il commença à courir mais fut rapidement stoppé. Pauline venait de l'enlacer, l'empêchant de courir vers la pelouse.
Il tomba sur les genoux. Le visage couvert de terre, les yeux luisant de larmes. Il hurla comme jamais il n'avait hurlé. Il maudissait Pauline qui l'empêchait d'aller chercher Alexia.
La bombe venait d'exploser. Les six autres élèves étaient de nouveau terrifiés mais ne pouvait pas bouger. Les démineurs ne comprenaient pas ce qui venait de se passer. Le démineur en chef était allongé sur le sol, ensanglanté.
Les cris du démineur et de Guillaume étaient insoutenables. Il n'y avait plus de silence. Le cri des deux hommes étaient déchirants.



A suivre.


 Ecrit par Tom                              

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